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ALERTES A TANGER


Tanger : développement maîtrisé ?

Le journal l'Economiste titrait un article comme suit : "Tanger - Immobilier: Les Espagnols affûtent leurs armes". L'expression guerrière est peut-être plus appropriée qu'il n'y paraît à première vue. Les espagnols sont dénoncés par le parlement européen pour le bétonnage massif de leur littoral : "projets d'urbanisation massive (...) sans rapport avec les véritables besoins des villes et villages concernés", contraires "à la durabilité environnementale" et qui ont des effets "désastreux sur l'identité historique et culturelle" des sites. L'organisation écologiste Greenpeace relève que les permis de construction continuent à être délivrés y compris pour des golfs malgré leurs énormes besoins en eaux, dans des régions souvent très sèches ! L'ONG rappelle aussi que les scandales de corruption immobilière se sont multipliés ces derniers mois en Espagne. Des années de boom immobilier ont fait la fortune aussi rapide que douteuse d'élus municipaux ou régionaux ayant la haute main sur les plans d'urbanisme de ce pays.
La renaissance de Tanger est un fait heureux et la construction d'infrastructures est bien évidemment nécessaire. Seulement, il serait extrêmement souhaitable, que Tanger ne commette pas les même erreurs qu'ailleurs et qu'elle préserve ainsi son avenir économique et touristique. A quoi servirait en effet de disposer d'une grande infrastructure hotellière si celle-ci bouche les paysages, génère une pollution incontrôlée et corrompt les circuits de décision locaux ? En fin de compte, les touristes escomptés ne viendront plus et l'argent aura été dépensé en vain. Avis aux investisseurs ...
Aujroud'hui, il faut penser à la viabilité des projets économiques en y intégrant la composante écologique car d'elle dépendra leurs réussites futures. Préservons nos côtes, nos arbres et nos cours d'eau. Une construction ratée peut toujours être rasée et reconstruite. Une ressource naturelle détruite l'est à jamais !


Tanger dans le miroir de la Télévision

Hier soir (Vendredi 18 mai 2007), je me suis installé devant mon écran de télévision pour suivre une émission très populaire en France : Thalassa. Ce magazine hebdomadaire consacrait un reportage à notre chère ville de Tanger. Dès les premières images, un malaise s'installa. Des enfants, des adolescents et de jeunes adultes jouaient avec leur vie pour tenter de traverser le détroit en clandestins. En attendant, certains menaient depuis plusieurs années une vie de clochards dans le port de la ville.
Je n'ai pas de mots pour exprimer le sentiment profond de honte qui s'est emparé de moi. Notre pays en est arrivé à ce que ses enfants tentent au péril de leur vie et au prix de leur dignité, de le quitter, par tous les moyens.
Les reporters, ne nous ont rien épargné, à juste titre. La caméra cachée nous a montré comment les agents de police rackettaient et brutalisaient ces enfants. Les menaces sourdes des agents de sécurité du port qui disaient aux enfants délogés des essieux des dix-huit tonnes, la chance qu'ils avaient d'être filmés par la caméra. Visiblement, ils se retenaient de les frapper devant elle. Les apparences sont sauves !
Dans un de ces quartiers-champignons, construits de bric et de broc autour de la ville, nous avons pénétré l'intimité d'une famille dévastée : père défunt, mère aveugle suite à un acte chirurgical, garçon passé clandestinement en Espagne où il bénéficie en tant que mineur d'une prise en charge éducative et sanitaire, fille dont l'enfance a été perdue dans les travaux ménagers et le petit commerce de survie tard le soir... D'autres enfants grandissent on ne sait comment.
Qui s'intéresse à ces familles ? Quel ministère s'en occupe ? Quelles entreprises ou grandes fortunes leur réservent une charité pratiquée partout ailleurs dans le monde ?
La pauvreté, voire la misère, n'expliquent pas tout. Le déni de dignité, la "hogra", quand elle vient des représentants de l'état, du plus obscur policier au politicien le plus en vue est à n'en point douter la blessure la plus douloureuse de toutes.
Comment les "reponsables" peuvent-ils voir ces images et continuer de recevoir fastueusement des visiteurs étrangers sans ressentir un sentiment de honte ? Comment peuvent-ils voyager dans le monde et vanter leur pays aux autres en sachant pertinemment que tout le monde sait ce qui s'y passe ? Quelle ressource psychologique les préserve-t-elle de la blessure narcissique dont ils devraient souffrir ?
Malgré tout, des gens valeureux se retroussent les manches. L'association DARNA, un exemple dont on devrait s'inspirer, s'échine à sauver ceux qu'ils peuvent.
Jusqu'à quand ?


Plaidoyer pour la forêt de Tanger.

Le simple citoyen que je suis apprend avec colère les projets immobiliers en cours dans la montagne tangéroise. Si ces projets se confirment, c'est un véritable désastre qui s'abattra sur la ville et ses habitants pour plusieurs décennies.

Je voudrais avancer ici des arguments qui j'espère, pourront contribuer au débat nécessaire avant toute prise de décision qui engagera l'avenir de tout le monde.

Les inévitables raisons économiques sont avancées : " il faut favoriser l'investissement pour attirer les touristes et créer de l'emploi ".

Cependant, cette argumentation éculée ne tient pas pour plusieurs raisons :
- avant de créer de nouvelles infrastructures touristiques, il faudrait d'abord songer à investir dans la rénovation de celles qui existent déjà à l'exemple de ce qui a été fait pour l'hôtel Rif. Je pense à l'hôtel Ville de France, au Continental, à la Villa Harris et à tous les grands hôtels de la baie.
- pour faire venir plus de touristes à Tanger, il ne suffit pas de construire des résidences de luxe pour quelques privilégiés. Il faut d'abord et avant tout, mettre à jour les dessertes de la ville par voie d'air (il suffit de visiter l'aéroport Ibn Batouta pour se rendre compte de son état), de mer (il faut vraiment avoir envie de venir à Tanger pour accepter de subir le traitement qu'infligent les douaniers et policiers du port) et de terre (l'autoroute ne suffira pas à résoudre les problèmes de chaussée et de circulation à Tanger).
- enfin, un touriste doit pouvoir trouver des occupations intéressantes à Tanger. Que peut-il admirer en toute sécurité dans la ville ? Peut-il se promener tranquillement dans la médina ? Peut-il visiter des musées et des monuments ? Peut-il simplement se baigner sans risquer une intoxication ?

Il faut prendre les problèmes à la base et s'attacher d'abord à mettre à jour les fondements d'une politique touristique cohérente et viable à long terme. Les projets ponctuels, ne faisant partie d'aucun plan d'investissement concerté n'apporteront aucun bien à la ville. Pire, ils peuvent causer des dégâts dont nous aurons à subir les conséquences sur plusieurs générations.

En effet, la sauvegarde du " poumon vert " de la ville n'est pas une simple lubie d'écologiste échevelé. Pour s'en convaincre, il suffit de penser aux conséquences de la déforestation sur la santé humaine.

Voici quelques conséquences connues de la déforestation qui donnent à réfléchir :

- Réduction des précipitations, augmentation des températures et aggravation des inondations (voir l'exemple du Rif). Les forêts régulent le ruissellement des précipitations et protègent des inondations et des glissements de terrain. L'abattage des arbres, surtout dans les zones de collines ou de montagnes, réduit la capacité des sols à absorber et à retenir l'eau et à la laisser s'écouler lentement sur une longue période de temps (il y aura donc également des conséquences sur le renouvellement des nappes phréatiques et donc sur l'approvisionnement en eau potable des habitants).
- Diminution de l'absorption du gaz carbonique et donc de la filtration de la pollution atmosphérique. Connaissant l'état de pollution automobile de l'atmosphère à Tanger, en particulier en été, pouvons-nous décemment nous passer de tout ce qui contribuerait à enlever une partie de cette pollution ? Pensons-nous aux habitants les plus fragiles et les plus sensibles aux conséquences de cette pollution : enfants, personnes âgées, asthmatiques ? Acceptons-nous les risques d'accroissement des cancers d'origine environnementale ?
- Accroissement des maladies infectieuses et parasitaires : La propagation de maladies potentiellement mortelles - dont le paludisme, les leishmanioses, la maladie de Lyme et le choléra - suit souvent le déboisement. Les moustiques prolifèrent dans les zones déboisées grâce à la multiplication des eaux stagnantes (flaques, fossés, cavités et ruisseaux bouchés par les arbres tombés) dont ils ont besoin pour se reproduire. Avec la disparition de certaines espèces d'animaux des forêts (oiseaux et chauve-souris par exemple), les insectes prolifèrent, ce qui facilite la transmission des maladies. Le déboisement contribue aussi à l'élimination des prédateurs naturels des rongeurs. La prolifération de ces derniers contribue à la propagation de maladies telles que le typhus et la rage. En outre, les bassins versants déboisés n'étant plus en mesure de fournir régulièrement de l'eau en quantité suffisante, la réduction du flux cause la stagnation et la réduction des quantités disponibles par habitant, créant ainsi les conditions idéales pour la dissémination du choléra et de la dysenterie.

La question que les tangérois sont en droit de se poser est la suivante : est-il normal que la collectivité tangéroise paie le prix humain, sanitaire et économique pour que quelques investisseurs puissent réaliser des bénéfices incertains ?

Souhaitons que les responsables qui ont en charge, non seulement le développement économique de la ville mais également l'état sanitaire et l'approvisionnement en eau potable de ses habitants, sachent faire la part des choses.
Espérons qu'ils portent un regard global sur les bénéfices et les risques de leurs politiques municipales et qu'ils apprennent des erreurs des autres qui avant eux, ont cru bien faire en bétonnant leurs espaces naturels et qui s'en mordent les doigts maintenant.
Qu'ils gardent en tous cas à l'esprit que les bâtiments peuvent être facilement construits et démolis mais que la terre qui a ruisselé avec les pluies ne revient jamais. Quand la roche est à découvert, il n'y plus de vie, plus d'arbres, plus d'eau.

Est-ce ce que nous voulons pour Tanger ?
Oussama Zekri


Tanger perd ses fôrets

Pendant que le Gouverneur de Tanger met les bouchées doubles pour remettre la ville en état, des investisseurs immobiliers sont en train de détruire le poumon vert de Tanger :
- 34 hectares de la forêt de Mediouna vont disparaître sous les excavatrices de la société émiratie Star Hill Tanger S.A. pour construire des résidences de luxe.
- un parc pour enfant a déjà pris place au sein de la forêt de R'Milat.
- 260 hectares de la forêt diplomatique vont bientôt être remplacés par des résidences touristiques, hôtels, clubs de loisir et marinas construits par une entreprise émiratie.
- une société quatarie (Diar Qatari) a un projet similaire dans la même zone (Houara) : 230 hectares.

Tanger ressemblera-t-elle bientôt à un désert ... sans pétrole ?


Tanger et une partie de ses enfants


Une enquête de l'UNICEF au Maroc vient donner des chiffres inquiétants sur l'état d'un grand nombre d'enfants tangérois.
L'enquête est déclinée en quatre volets :
- droit à la survie,
- droit au développement,
- droit à la protection
- et droit à la participation, à l'expression, aux jeux et aux loisirs.

Ces constats sont alarmants. Ils le sont davantage pour les enfants de la rue, une catégorie très présente dans la ville du Détroit. «Ces enfants dorment dans la rue, mangent dans des poubelles, pratiquent la mendicité et le vol et consomment les drogues qui leur sont accessibles», affirment les enquêteurs.
«Ils ont été victimes d'agressions sexuelles et ont des capacités communicationnelles très réduites du fait de leur recours permanent à la drogue». «Et même pris en charge par des ONG, ils continuent à vivre psychologiquement dans la rue, et ce, malgré leur réinsertion dans des programmes d'éducation non formelle et de formation professionnelle».
Dans les centres d'accueil, les orphelinats et les maisons de bienfaisance, ils disposent certes d'un «minimum requis en ce qui concerne l'hébergement, l'alimentation et l'enseignement», mais souffrent du mépris de leurs pairs et déplorent la «violence physique exercée sur eux par une partie des éducateurs».
Globalement, ils ressentent une insécurité psychologique et une instabilité profonde de la restriction de leur liberté, de l'absence de vie familiale et dénoncent un statut social intolérable.


Trois enfants sur quatre qui travaillent aujourd'hui dans la ville, ont commencé avant l'âge de 15 ans. La durée moyenne du travail de ces enfants est de 9 heures par jour et un enfant sur trois travaille 7 jours par semaine. Ces enfants «ne disposent pas de garantie minimale de leurs droits». Ils sont exposés à de graves déséquilibres de développement physique et affectif. De plus, un enfant sur trois est puni dans le cadre de son travail. Le salaire de ces enfants ainsi exploités, ne dépasse pas, selon l'étude, 2,5 dh par heure de travail.

A rappeler que durant cette période, un programme de lutte contre le travail des enfants a été initié par le département de l'Emploi et des Affaires sociales et le Bureau international du Travail (BIT), avec un financement français et belge. Le programme finalisé en 2003, a bénéficié d'un fonds de près d'un million de dollars, dont environ 600.000 octroyés par la France.

Une autre enquête réalisée à l'époque par le BIT indiquait que 90% des enfants au travail ont entre 10 et 14 ans. 80% ne sont pas scolarisés et "le milieu de leur travail est le plus souvent insalubre, dangereux et encombré, exposant les enfants aux nuisances sonores, aux poussières, aux gaz et aux fumées". Selon la même enquête, 52% des enfants subissent une durée de travail hebdomadaire supérieure à 50 heures, sans congé annuel, alors que 53% ne perçoivent même pas le salaire minimum.

Ces enfants évoluent, en outre, dans un environnement caractérisé par un habitat insalubre, une mauvaise nutrition, des conditions d'hygiène corporelle déplorables, l'analphabétisme, entre autres.
A cet égard, quelque 9950 enfants tangérois âgés de 10 à 17 ans sont aujourd'hui totalement analphabètes.

Source Libération (Casablanca) Publié sur le web le 16 Décembre 2005

Pour plus d'informations voir l'article de Ali ABJIOU dans l'Economiste (article)


La fouille du site de Dhar d'Aseqfane, intervient après une prospection de long du tracé de la future autoroute qui reliera Tanger à Oued RMEL (Port de Tanger Méditerranée) effectuée au mois mai 2005. La prospection a été demandée par l'INSAP et financée par la Société des autoroutes du Maroc.

Le site de Dhar d'Aseqfane occupe toute la superficie d'une colline de 14 m d'altitude, située sur la rive droite de Oued El Qsar (ou Oued Qsar Sghir), à environ 500 m au sud des rives de la Méditerranée.
Le site était connu depuis les années 50 et figurait dans l'Atlas archéologique de la région de Tétouan, mais son importance ne pouvait être évaluée faute de fouilles extensives.

Les fouilles actuellement menées, en concertation avec la Société des Autoroutes du Maroc,
ont débuté le jeudi 4 août 2005 et devrait se continuer jusqu'au 18 septembre 2005 (soit 45 jours de fouilles).

Après un mois de travaux, les recherches ont permis de mettre en évidence un ensemble de constructions qui s'étend sur 1 ha et demi. L'ensemble est protégé par une muraille pourvue de tours circulaires et percée de deux portes au sud et à l'est. Les constructions identifiées, à l'état actuel des recherches sont :

• Une série de réservoirs à eau bien conservés, d'une capacité totale de 220 m3.
• Un ensemble de bassins appartenant, sans doute, à un complexe industriel pour le traitement
des produits de la mer (salaisons, fabrication du garum,…).
• Des bains et petites dimensions, sans doute, liés au l'usine de salaisons. Une mosaïque décorait le sol de la salle froide de ces thermes.
• Un péristyle sur lequel donnaient trois pièces, dont deux étaient mosaïquées. Il s'agit probablement de l'habitation réservée au gérant de l'usine de salaison, comme c'est le cas à l'usine de Cotta.

D'autres constructions sont en cours de dégagement à l'ouest de la colline et sont difficilement identifiables.

Toutes les constructions fouillées à ce jour sont situées au sommet de la colline. Il reste encore à vérifier si les pentes sud et nord étaient construites ou pas.
Chronologiquement, le matériel recueilli atteste d'une occupation qui s'échelonne du 6ème siècle avant J.C. au 4ème siècle après J.C. Des céramiques et des monnaies prouvent que le site a également été occupé à l'époque islamique. Sans doute, a-t-on utilisé le site antique comme carrière pour la construction de la ville médiévale de Ksar Sghir.

Le site de Dhar d'Aseqfane s'inscrit dans la série des sites côtières antiques qui jalonnent les rives les rives nord et sud du Détroit de Gibraltar et qui sont liés la pêche et à la transformation du poisson.

C'est à notre connaissance, le seul site de ce type, qui ne soit pas urbain et qui soit entouré d'une puissante muraille. C'est également un des rares sites ruraux du Maroc antique, où l'on ait trouvé, des pièces pavées de mosaïque.


Que se passe-t-il à Sidi Bouqnadel ?


Monsieur le Maire et Cher ami,

Le chantier qui vient de démarrer à Sidi Bouqnadel, dans la continuité de la station de traitement, en allant vers l'Ouest, vers la côte du Marshan et Oued Lihoud, est alarmant et inquiétant. Des engins sont en train de couvrir le "sable fin" de la plage avec du "tout-venant ocré". Avec ce traitement cette plage sera définitivement condamnée. Les riverains qui m'ont contacté hier à ce sujet étaient scandalisés. Pour eux, c'est la construction d'une route côtière qui démarre. J'ai effectué une visite sur place le même jour pour constater qu'ils avaient raison.


Sidi Bouqnadel, le 23 avril 2005

Monsieur le Maire, je vous prie de croire que la population a accepté difficilement cette nécessité qu'est la réalisation de la station de traitement sur une plage qu'ils espéraient voir dépolluée, au même titre que les autres plages avoisinantes. Ils avaient besoin de plages dépolluées pour voir leurs enfants se baigner sans risque de contamination. Ils sont déjà privés d'espaces culturels, sportifs et de jardins. De plus, avec la prolifération des nouveaux immeubles gigantesques dans le centre ville, déjà encombré de voitures, qu'en sera-t-il de la qualité de la vie dans un avenir très proche ?


Sidi Bouqnadel, le 23 avril 2005

Monsieur le Maire, je vous rappelle aussi que la population Tangéroise s'était élevée d'une seule voix, il y a près de vingt ans, quand les administrations centrales voulaient imposer à la ville une extension du port actuel au détriment d'une partie de la baie qu'elle condamnait. Il avait fallu l'intervention personnelle de feu S.M. Hassan II pour voir ce projet arrêté et la proposition d'un port d'éclatement sur l'Atlantique retenue. Il a également fallu attendre une décision de notre Roi, Sa Majesté Mohammed VI, pour applaudir à la réalisation du nouveau port de Tanger Méditerranée.
Aussi, malgré l'intérêt porté par Sa Majesté au patrimoine de Tanger et de sa région, il est également regrettable de constater que nous continuons à nous acharner à saccager les sites et les espaces naturels et à effacer progressivement les repères historiques de notre ville. Ce qui se passe à l'avenue d'Espagne ne va-t-il pas à contre-sens de la lettre lue en avril 2004 par Monsieur Meziane Belefquih, conseiller de Sa Majesté Le Roi.


Sidi Bouqnadel, le 23 avril 2005

Monsieur le Maire, en votre qualité de représentant élu de la population de cette ville j'espère que vous saurez réagir à temps pour éviter une autre erreur grave pour l'avenir de Tanger. Après le Conservatoire de Musique, le café Hafa, les Grottes d'Hercule, et la médina qui est de plus en plus défigurée, notre ville n'a pas besoin d'une nouvelle polémique. Tanger n'a pas non plus besoin d'un projet touristique dans la "réserve naturelle" du Cap Spartel. L'emplacement initial était idéal. Quand les occidentaux découvrent l'éco-tourisme et quand le tourisme culturel commence à accrocher...? La réserve naturelle pourrait recevoir un traitement mieux adapté à sa richesse écologique. Ne s'agit-il pas du poumon d'une ville devenue gigantesque ?
Pour la plage il faut réagir très vite. Je vous en prie, c'est une question de jours.

Je reste convaincu que vous saurez m'apporter une réponse tranquillisante que je pourrai moi-même rapporter à ceux qui commencent à paniquer autour de moi.

D'avance je vous en remercie et vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, l'expression de mes sentiments les meilleurs.

Signé : Rachid Taferssiti


Le Conservatoire de musique de Tanger a vécu.

Le "Conservatoire de Musique de Tanger" a été enseveli. Les engins ont tout rasé. Un terrain nu, rêveur éphémère, a pris sa place, provisoirement, avec comme toile de fond l'ancien garage des autobus de la RATT et le minaret imposant de la mosquée Mohammed V. Les autobus du temps de Mehdi Zaïdi et de sa jeune équipe d'alors. Cela se passait à la fin des années soixante, du temps où Tanger était la ville pilote en matière de transport urbain au Maroc. Les immeubles ne dépassaient pas cinq étages à l'époque. La ville respirait encore.
Le conservatoire a été rasé. Le beau terrain nu réclame désespérément les secours d'un immeuble charitable, de préférence un immeuble de douze étages.
Ils font plus d'ombre pour les passants. Les piétons n'ont pas besoin de soleil. Surtout les enfants et plus particulièrement les rachitiques parmi eux.
Au fond du terrain, vers l'ouest, le grand Minaret est insouciant. Il est plutôt inconscient de ce qui l'attend. Perché sur une colline, on le voit depuis la mer, quand on arrive à Tanger par bateau. Il ne sait pas encore qu'il va bientôt pleurer. Il n'y a pas bien longtemps il avait versé de grosses larmes, bien chaudes, en voyant ce géant se dresser près de lui à l'emplacement du restaurant Güittas. Qui c'était celui là ? Un restaurant ! Un petit coin de verdure en plein centre de la ville de Tanger ! A quoi servent des jardins dans une ville ?
Des espaces verts et des jardins publics ! Pour quoi faire ? Quel dommage, ces espaces perdus dans les territoires étrangers encore implantés chez nous. Les consulats, les instituts culturels et les établissements scolaires étrangers. Ne seraient-ils pas décolonisables et lotissables ?
Je suis nostalgique, je le reconnais. Il paraît que je suis également pessimiste ? Mais quand je pense à Kyoto et à Rio de Janeiro ? Je ne sais plus !
Dernièrement, un urbaniste étranger me disait que les plans d'urbanisme prenaient en considération les édifices religieux importants. Les monuments historiques aussi. Et la propriété privée, et le besoin en logement, lui répondis-je ? El les ouvriers du bâtiment ? Et leur famille ? Et le chômage ?
Au fait combien gagne un ouvrier ? Quelles sont les couvertures sociales dont il bénéficie ? Officiellement tout le monde le sait. Il y a des codes et des lois…
J'oubliais le minaret de la Mosquée Mohammed V. Il va bientôt pleurer car, dans peu de temps, pour voir le soleil il devrait attendre, lui aussi, à ce qu'il passe au-dessus de sa tête.
Au fait, combien d'étages aura ce nouvel immeuble qui remplacera le terrain nu qui a remplacé le conservatoire de musique de Tanger ?
Vous savez à qui appartenait ce bâtiment que nous avons rasé ? Il faut être nostalgique ou assez curieux pour le savoir.


Rachid Taferssiti


MOHAMED BEN ALI R'BATI.

Quand nous parlons de peinture et de peintres au Maroc nous sommes obligés de faire référence à Mohamed Ben Ali R'bati : le premier peintre de chevalet du Maroc. Natif de Rabat, comme son nom l'indique, Mohamed Ben Ali quitte sa ville natale pour Tanger où il trouve un travail chez Sir John Lavery, peintre irlandais du "groupe de Glascow", installé dans la ville du détroit depuis 1891. Sir John découvre son talent pour le zouaq et l'initie à la peinture.
Daniel Rondeau appelle R'bati, "un fils de Tanger" parce que "Tanger semble l'avoir aidé à se construire un destin". En effet, à Tanger R'bati prend goût à la peinture et croque tout ce qu'il voit, tout ce qui l'entoure et attire son âme d'artiste : scènes de la vie courante marocaine, cérémonies de mariage, école coranique, repas de fête, cortèges officiels. Nicole de Pontcharra refuse de voir en lui un peintre naïf : "…il ne l'était pas. Autodidacte, oui, mais avec un savoir-faire, un sens de stylisation et de l'espace qui a ouvert des voies."

Avec l'aide de Lavery, R'bati sera le premier peintre marocain à exposer à Londres, à la fameuse galerie Goupil en 1916.
R'bati serait mort d'une crise cardiaque en 1939 laissant derrière lui un témoignage d'une grande richesse sur Tanger et le Maroc de la fin du 19ème et du début du 20ème siècles.
La petite maison qu'il habitat à la Qasbah de Tanger, entre le marabout de Sidi Ahmed Bou Qoudja, le motif du marabout de Matisse, et le palais de Ben Abbou, n'est pas classée.

Rachid Taferssiti


Maison de Mohammed Ben 'Ali Rbati à la Qasbah.

 


Visite d'une délégation de la région Provence-Alpes-Côtes d'Azur
à la maison de Mohammed Ben 'Ali Rbati.


S.O.S. patrimoine en detresse !

Qu'arrive-t-il à la maison de Mohamed Ben Ali R'bati à la Qasbah ?

L'ancienne maison de Mohamed Ben Ali Rbati tombe en ruine. Seul le mur de la façade tient debout. La porte en est défoncée et le toit n'est plus !

Cette maison est tout ce qui reste à Tanger comme trace du premier peintre de chevalet marocain.

C'est un patrimoine unique qui pourrait être un attrait touristico-culturel majeur pour la ville. Il est en tous cas un pan de notre mémoire collective dont nous devrions être tous fiers.

Il faut réagir à temps pour éviter l'irréparable. Il faut alerter les autorités locales, solliciter des mécènes, créer une association de sauvegarde... Bref, il faut agir.

Mohamed Ben Ali R'bati est le premier des grands peintres marocains. Ne laissons sa mémoire partir en poussière.

Oussama Zekri

Danger. Le nord bouffe ses plages.
Les dunes et les plages du littoral entre Tanger et Larache sont les principales sources d’approvisionnement en sable pour le secteur de la construction. Or, Tanger consomme du ciment à tout va depuis quelques années. Aujourd’hui, la ville du détroit arrive même en deuxième position après Casablanca. Cette situation entraîne une pression sur le littoral sans précédent. Ainsi, les besoins journaliers en sable sont passés de 5000 m3 à 6500 m3 en moins de 2 ans, selon la Fédération du Bâtiment de Tanger. Qui paye les pots cassés ? L’écosystème marin dont les plages disparaissent à vue d’œil. Pourtant, des solutions de substitution existent, mais se heurtent aux contraintes du marché local. Le ministère de l’Equipement soutient le sable de dragage, mais les professionnels du secteur n’en veulent pas car il est trop chargé en sel et en éléments organiques. D’ailleurs, 30 tonnes de sable de dragage végètent depuis 3 ans dans le port de Larache n’ayant pas trouvé preneur. Autre option possible : le sable concassé. C’est la solution défendue par la fédération du bâtiment de Tanger. Mais là aussi, cette option se heurte à la loi du marché. Pourquoi payer un sable concassé à 90 dh le m3 alors que le sable marin se négocie à 85 dirhams ? Ou bien, quand on peut carrément le voler sur la plage. C’est un exercice de style dans la région.

Par Hassan Hamdani (Source : Tel Quel n° 165).

Où allons nous arriver avec ces panneaux de plus en plus "Géants" ?
Comment osons nous défigurer une place qui porte fièrement ce nom de "Place du 9 avril 1947", une place qui consacre un événement des plus importants de l'histoire récente du Maroc, à savoir le voyage historique de feu Sa Majesté Mohammed V. Un voyage qui le mena de Rabat, la capitale d'un Maroc encore sous double protectorat franco-espagnol à Tanger, la ville cosmopolite marocaine sous statut international, pour y prononcer ce fameux discours où il réclamait l'indépendance du Maroc.

Une place qui était l'aboutissement de l'artère centrale principale de la ville de Tanger, depuis l'époque romaine, depuis qu'elle était encore intra-muros. Cette artère menait du port, à travers la rue de la Marine, jusqu'au Petit Socco, es-Souq ed-Dakhel (le marché intérieur), pour remonter la rue des Siaghine, puis Semmarine, et aboutir au Grand Socco, es-Souq ed Barra (le marché extérieur), l'actuelle place du 9 avril.

De marché forain, comme celui de Jama'e el Fena, à Marrakech, mais plus réduit, elle a souffert de sa transformation, en grande partie, en parking. De plus, déjà défigurée par les nouveaux immeubles, irrespectueux architecturalement de l'esprit des lieux, qui remplacent progressivement les anciens, aujourd'hui elle l'est encore davantage par ces panneaux publicitaires. Comment sont-ils autorisés ? Par qui ? Qui ose en faire la demande pour commencer ?

La "ville anciennne" de Tanger n'est pas Tokyo, elle n'est pas non plus Las Vegas. Le Grand Socco n'est pas la place des Nations ou ... Le mobilier urbain "moderne" peut aller s'implanter dans la partie moderne de la ville... et encore à Tanger ce n'est pas très évident !

Trop c'est trop.

Rachid Taferssiti


S. O. S. : PATRIMOINE EN DANGER

LE CAFE HAFA, DE PLUS EN PLUS AGRESSE,
PERD SA VUE SUR LE PORT


TANGER A BESOIN DE NOUS
TANGER NOS NECESITA
TANGIER NEEDS US
TANGERI HA BISOGNO DI NOI
TANJA FI HAAJATHINE LANA


Par ma passivité je suis chaque jour plus complice de tous ces crimes, de toutes ces agressions subies par le patrimoine de ma ville,
Par mon silence je contribue à effacer les traces de la mémoire de ma ville.

Ces idées accompagnées d'une sensation de dégoût mêlé de désespoir et de lassitude m'envahirent quand je vis ces nouveaux murs qui terminaient de clôturer ce qui nous reste du Café Hafa.


Vue du mur bouchant la vue du Café Hafa (19 novembre 2004)

Heureusement il y a toujours la vue imprenable sur le détroit et la côte espagnole. Mais comme il est question d'une route côtière, qui relierait le port à Dradeb en passant par la plage de Rmel Qala, je ne sais plus ce que l'avenir peut nous réserver. Il est même question de polders !


Vue du Café Hafa (9 mai 2004)

Dire qu'à Tanger, du temps où le nombre de ses habitants n'atteignait même pas le dixième de sa population actuelle, il y avait un beau théâtre, à l'avant-garde des salles européennes, des salles de cinéma, dignes de ce nom et souvent polyvalentes, des terrains de sports, un conservatoire de musique, serait de la pure nostalgie,

Vues du Conservatoire de Musique de Tanger (30 mai 2004)


Dire qu'à Tanger, il y avait un cimetière pour animaux placé sous la responsabilité d'un vétérinaire, paraît ridicule,

Dire, qu'en ce temps, là toutes les parties concernées par le développement urbain de Tanger, administrations et privés, étaient soucieuses du respect de l'esthétique générale de leur ville, du respect des atouts naturels et des valeurs historiques et culturelles de l'environnement de leur ville, n'est pas réaliste.

Notre réalité c'est notre impuissance devant les grands fléaux de ce Monde, le Sida, le Cancer et les grandes catastrophes naturelles comme les tremblements de terre et les cyclones, voire les invasions des criquets. Mais sommes nous vraiment impuissants face aux guerres et aux actes terroristes qui nous concernent. Le sommes nous face à la misère, à l'analphabétisme et à toutes les formes d'extrémismes qui nous entourent. Sommes nous vraiment impuissants devant les agressions que nous portons régulièrement à notre environnement.

A Tanger la dégradation du patrimoine, sous toutes ses formes nous interpelle depuis de nombreuses années.

Aujourd'hui, je réagis devant l'urgence de ce qui arrive au Café Hafa. J'en reste convaincu, c'est une "urgence". Demain il sera sans doute trop tard. Le problème c'est qu'à Tanger le service des urgences est débordé et les médecins ont démissionné. Qui va s'occuper de ces blessures mortelles portées au Conservatoire de Musique, en cours de remplacement par un projet immobilier, sachant que les villas du parc Brooks ont cédé leurs places à des immeubles. Qui va pouvoir porter secours aux anciens immeubles de l'avenue d'Espagne déjà démolis ? Il est sans doute vrai que nous nous sommes portés au chevet du Gran Teatro Cervantes, du Palais des Institutions Italiennes et de la forêt d'Agla (Ghaba del Glaoui) avec le projet du Parc Naturel de Perdicaris, mais avec quel résultat. De même chacun de nous essaye de sauver à sa manière cette Médina "unique", cette Médina différente qu'est la Médina européanisée de Tanger, mais en l'absence de toute coordination, en l'absence de tout plan d'aménagement véritable, nous contribuons tous à la défigurer, de plus en plus…


Vue du Café Hafa avec le mur bouchant la vue du plus célèbre café de la ville
(5 décembre 2004)


Pour revenir au Café Hafa, sa dégradation se poursuit irrémédiablement depuis plusieurs années. Un immeuble avait occupé en partie son côté sud, où se trouvait le "mamouni" et un mur avait caché en partie la vue sur la côte ouest, le versant maritime du Marshan, vers "Lalla Jmila". Aujourd'hui, c'est la vue sur le port qui disparaît grâce au projet d'extension en cours de réalisation par le nouveau propriétaire de l'ex-maison de Rachid Temsamani, situé à l'est du café.


Vue ... du mur (5 décembre 2004)

En 1998, dans "Tanger, réalités d'un mythe", je prévoyais déjà ce qui arrive aujourd'hui à ce lieu mythique de la ville. Ba M'hamed était encore vivant :
"Le café, au décor très austère, a su résister à toutes les tentations du modernisme, à la folie de l'argent. Ba M'Hammed, le propriétaire, a su refuser toutes les offres. Les plus alléchantes. Son café, avec son mobilier vétuste, continue à abriter plusieurs familles de chats. Il sait toujours accueillir avec la même bonhomie, une presque indifférence, le plus modeste comme le plus illustre de ses clients.

En maintenant le café dans son état, il a su garder un grand respect pour la mémoire de tous ceux qui l'ont visité. De tous ceux qui ont été marqués par leur passage en ce lieu simple, mais unique au monde.


Le café Hafa, patrimoine de la ville de Tanger (5 décembre 2004)

Le Café Hafa pourra-t-il un jour nous livrer les secrets de sa mémoire ? Pourra-t-il un jour nous conter les sensations de ses visiteurs, peintres, poètes, acteurs ou politiciens venus de tous les horizons ?

Ba M'Hammed a vieilli. Il n'arrive plus à jouer son rôle de gérant, dévolu à son fils. Ce dernier saura-t-il résister aux tentations ? Le Café Hafa pourra-t-il préserver plus longtemps sa personnalité ?

Les artistes, les peintres, les écrivains, visiteurs parfois anonymes, continuent à lui rendre hommage.

Dimanche prochain vers onze heures je vais aller me recueillir sur ce mur qui vient de couper la vue sur le port depuis le Café Hafa. Dorénavant ce sera mon mur des lamentations tangérois. S'il fait beau je prendrais un thé à la menthe, à la mémoire de mon vieil ami, le regretté Ba M'hamed.

Si vous voulez réagir vous pouvez me joindre à votre convenance… Le Café Hafa a besoin de vos témoignages, de vos messages de soutien… Un site internet des amis du café Hafa ?… Un club ?… Une chaîne de solidarité pour le sauver ?… des idées, des suggestions ?…


Rachid Taferssiti
Passionné de Tanger
Président de l'Association Al Boughaz


Encore une fois une mauvaise nouvelle pour les tangerois!!!.

Le conservatoire de musique de Tanger a fermé ses portes sous prétexte de travaux de restauration pour une durée de 4 mois. Ce qui est illogique c'est qu'ils ont attendu la rentrée scolaire pour faire ces travaux en n'ayant rien fait pendant toute la période des vacances d'été !!!
L'Association des Parents d'Elèves et l'Association des Jeunes Créateurs de Tanger ont immédiatement réagi (des lettres aux responsables, la presse,...)
Enfin, ils ont accepté d'inscrire les élèves et de faire les cours dans la Maison des Jeunes -en dépannage- mais on craint que le Conservatoire subisse le même sort que le théâtre Cervantes.
On a besoin du soutien de tous les tangerois.


Tanger revit, c'est indéniable.

De nouvelles réalisations porteuses d'avenir existent ou sont lancées : le Port Tanger-Méditerranée, la nouvelle gare ferroviaire Tanger- Madina, le complexe touristique multifonctionnel sur le site de l'ancienne gare ferroviaire, la zone touristique de Ghandouri, le bitumage des rues du centre-ville et de ses quartiers résidentiels...

Cependant, les sujets d'inquiétude, voire, d'angoisse ne manquent pas !

Des fleurons du patrimoine tangérois sont menacés dans leur existence : Les Grottes d'Hercule, site archéologique de plus de 7.000 ans est non seulement cerné d'ordures et de constructions anarchiques, mais il a vu un rocher de son plafond s'effondrer suite à des travaux de terrassement contigus. Les Grottes ont été fermées au public le 20 décembre dernier.

Ce n'est hélas pas le seul exemple de site archéologique fermé au public et donc aux touristes. Cotta, ancienne factorerie de salaisons punique puis romaine est inaccessible depuis plusieurs années maintenant du fait d'un mur de clôture.

Le Phare du Cap Spartel est laissé à l'abandon. Son intérieur est devenu un débarras. Il semblerait que des lampadaires soient prévus le long de la côte pour finir de défigurer le site.

Le Parc Perdicaris, haut lieu de la flore tangéroise, subit un déboisement en règle avec des projets touristiques ravageurs pour un des sites les plus précieux et les plus fragiles de la péninsule tingitane.
Ne peut-on pas construire des salles de sport appropriées et laisser ce site naturel aux seuls promeneurs ne risquant pas de le dégrader ?
Ne veut-on pas profiter de l'expérience de pays voisins dans le domaine de la préservation et de la valorisation des espaces naturels afin d'éviter de reproduire bêtement des erreurs prévisibles et définitives ?

L'appétit vorace des promoteurs immobiliers est en train de défigurer définitivement le fragile acquis architectural et urbanistique du Tanger international, celui qui donne son originalité et sa plus-value touristique à la ville.
Le Parc Brooks voit ses maisons à deux étages disparaître l'une après l'autre au profit d'hideux immeubles de plus de huit étages.

D'autres projets menacent les sites de Donabo, Agla, Sloqia et le Cap Spartel. Rmilat continue d'être déboisé. Le front de mer lui-même risque d'être défiguré par une série d'immeubles en arc de cercle bouchant un des panoramas les plus beaux de la planète.

Le café Hafa, miracle d'harmonie entre authenticité et "branchitude", subit les outrages d'un propriétaire mitoyen. Ce dernier agrandit sa maison et bouche une des vues les plus prisées des touristes et des tangérois, avec un mur d'une noire laideur reflétant celle des esprits qui l'ont voulu, conçu et permis.

D'autres haut-lieux tangérois sont source d'inquiétude : le théâtre Cervantes, l'hôtel Villa de France, les façades de l'avenue d'Espagne…

Comment comprendre cet état de fait alors que le pays se donne comme objectif 10 millions de touristes en 2010 et que Tanger est appelée à retrouver sa vocation de Porte sur l'Europe ? Comment peut-elle prendre sa part à ce défi si tout ce qui fait sa singularité et donc son attrait est laissé à l'abandon ?

Un symptôme qui sous d'autres cieux aurait sonné un branle-bas de combat immédiat semble passer dans l'indifférence générale : British Airways quitte Tanger. Les visiteurs britanniques, autrefois les plus nombreux, délaissent cette ville qui fut au XVIIème siècle un joyau de leur couronne !
En une dizaine d'années le trafic voyageurs de l'aéroport (de moins en moins) international Ibn Batouta est passé de 900.000 à 200.000, soit une chute de 450 % !
L'état déplorable des installations de l'aérogare n'explique pas cette désaffection. L'état général de la ville et son offre touristique et culturelle sont en cause.

Alors, y a-t-il un pilote dans l'avion tangérois ?


Cette page d'annonces est ouverte à tous ceux qui veulent alerter les tangérois de dommages que subit leur ville.
Pour poster vos annonces écrire à cette adresse : tangier@online.fr