Tanger
: développement maîtrisé ?
Le
journal l'Economiste titrait un article comme suit : "Tanger
- Immobilier: Les Espagnols affûtent leurs armes".
L'expression guerrière est peut-être plus
appropriée qu'il n'y paraît à première
vue. Les espagnols sont dénoncés par le
parlement européen pour le bétonnage massif
de leur littoral : "projets d'urbanisation massive
(...) sans rapport avec les véritables besoins
des villes et villages concernés", contraires
"à la durabilité environnementale"
et qui ont des effets "désastreux sur l'identité
historique et culturelle" des sites. L'organisation
écologiste Greenpeace relève que les permis
de construction continuent à être délivrés
y compris pour des golfs malgré leurs énormes
besoins en eaux, dans des régions souvent très
sèches ! L'ONG rappelle aussi que les scandales
de corruption immobilière se sont multipliés
ces derniers mois en Espagne. Des années de boom
immobilier ont fait la fortune aussi rapide que douteuse
d'élus municipaux ou régionaux ayant la
haute main sur les plans d'urbanisme de ce pays.
La renaissance de Tanger est un fait heureux et la construction
d'infrastructures est bien évidemment nécessaire.
Seulement, il serait extrêmement souhaitable, que
Tanger ne commette pas les même erreurs qu'ailleurs
et qu'elle préserve ainsi son avenir économique
et touristique. A quoi servirait en effet de disposer
d'une grande infrastructure hotellière si celle-ci
bouche les paysages, génère une pollution
incontrôlée et corrompt les circuits de décision
locaux ? En fin de compte, les touristes escomptés
ne viendront plus et l'argent aura été dépensé
en vain. Avis aux investisseurs ...
Aujroud'hui, il faut penser à la viabilité
des projets économiques en y intégrant la
composante écologique car d'elle dépendra
leurs réussites futures. Préservons nos
côtes, nos arbres et nos cours d'eau. Une construction
ratée peut toujours être rasée et
reconstruite. Une ressource naturelle détruite
l'est à jamais !
Tanger
dans le miroir de la Télévision
Hier
soir (Vendredi 18 mai 2007), je me suis installé
devant mon écran de télévision pour
suivre une émission très populaire en France
: Thalassa.
Ce magazine hebdomadaire consacrait un reportage à
notre chère ville de Tanger. Dès les premières
images, un malaise s'installa. Des enfants, des adolescents
et de jeunes adultes jouaient avec leur vie pour tenter
de traverser le détroit en clandestins. En attendant,
certains menaient depuis plusieurs années une vie
de clochards dans le port de la ville.
Je n'ai pas de mots pour exprimer le sentiment profond
de honte qui s'est emparé de moi. Notre pays en
est arrivé à ce que ses enfants tentent
au péril de leur vie et au prix de leur dignité,
de le quitter, par tous les moyens.
Les reporters, ne nous ont rien épargné,
à juste titre. La caméra cachée nous
a montré comment les agents de police rackettaient
et brutalisaient ces enfants. Les menaces sourdes des
agents de sécurité du port qui disaient
aux enfants délogés des essieux des dix-huit
tonnes, la chance qu'ils avaient d'être filmés
par la caméra. Visiblement, ils se retenaient de
les frapper devant elle. Les apparences sont sauves !
Dans un de ces quartiers-champignons, construits de bric
et de broc autour de la ville, nous avons pénétré
l'intimité d'une famille dévastée
: père défunt, mère aveugle suite
à un acte chirurgical, garçon passé
clandestinement en Espagne où il bénéficie
en tant que mineur d'une prise en charge éducative
et sanitaire, fille dont l'enfance a été
perdue dans les travaux ménagers et le petit commerce
de survie tard le soir... D'autres enfants grandissent
on ne sait comment.
Qui s'intéresse à ces familles ? Quel ministère
s'en occupe ? Quelles entreprises ou grandes fortunes
leur réservent une charité pratiquée
partout ailleurs dans le monde ?
La pauvreté, voire la misère, n'expliquent
pas tout. Le déni de dignité, la "hogra",
quand elle vient des représentants de l'état,
du plus obscur policier au politicien le plus en vue est
à n'en point douter la blessure la plus douloureuse
de toutes.
Comment les "reponsables" peuvent-ils voir ces
images et continuer de recevoir fastueusement des visiteurs
étrangers sans ressentir un sentiment de honte
? Comment peuvent-ils voyager dans le monde et vanter
leur pays aux autres en sachant pertinemment que tout
le monde sait ce qui s'y passe ? Quelle ressource psychologique
les préserve-t-elle de la blessure narcissique
dont ils devraient souffrir ?
Malgré tout, des gens valeureux se retroussent
les manches. L'association DARNA,
un exemple dont on devrait s'inspirer, s'échine
à sauver ceux qu'ils peuvent.
Jusqu'à quand ?
Plaidoyer
pour la forêt de Tanger.
Le
simple citoyen que je suis apprend avec colère
les projets immobiliers en cours dans la montagne tangéroise.
Si ces projets se confirment, c'est un véritable
désastre qui s'abattra sur la ville et ses habitants
pour plusieurs décennies.
Je
voudrais avancer ici des arguments qui j'espère,
pourront contribuer au débat nécessaire
avant toute prise de décision qui engagera l'avenir
de tout le monde.
Les
inévitables raisons économiques sont avancées
: " il faut favoriser l'investissement pour attirer
les touristes et créer de l'emploi ".
Cependant,
cette argumentation éculée ne tient pas
pour plusieurs raisons :
- avant de créer de nouvelles infrastructures touristiques,
il faudrait d'abord songer à investir dans la rénovation
de celles qui existent déjà à l'exemple
de ce qui a été fait pour l'hôtel
Rif. Je pense à l'hôtel Ville de France,
au Continental, à la Villa Harris et à tous
les grands hôtels de la baie.
- pour faire venir plus de touristes à Tanger,
il ne suffit pas de construire des résidences de
luxe pour quelques privilégiés. Il faut
d'abord et avant tout, mettre à jour les dessertes
de la ville par voie d'air (il suffit de visiter l'aéroport
Ibn Batouta pour se rendre compte de son état),
de mer (il faut vraiment avoir envie de venir à
Tanger pour accepter de subir le traitement qu'infligent
les douaniers et policiers du port) et de terre (l'autoroute
ne suffira pas à résoudre les problèmes
de chaussée et de circulation à Tanger).
- enfin, un touriste doit pouvoir trouver des occupations
intéressantes à Tanger. Que peut-il admirer
en toute sécurité dans la ville ? Peut-il
se promener tranquillement dans la médina ? Peut-il
visiter des musées et des monuments ? Peut-il simplement
se baigner sans risquer une intoxication ?
Il
faut prendre les problèmes à la base et
s'attacher d'abord à mettre à jour les fondements
d'une politique touristique cohérente et viable
à long terme. Les projets ponctuels, ne faisant
partie d'aucun plan d'investissement concerté n'apporteront
aucun bien à la ville. Pire, ils peuvent causer
des dégâts dont nous aurons à subir
les conséquences sur plusieurs générations.
En
effet, la sauvegarde du " poumon vert " de la
ville n'est pas une simple lubie d'écologiste échevelé.
Pour s'en convaincre, il suffit de penser aux conséquences
de la déforestation sur la santé humaine.
Voici
quelques conséquences connues de la déforestation
qui donnent à réfléchir :
-
Réduction des précipitations, augmentation
des températures et aggravation des inondations
(voir l'exemple du Rif). Les forêts régulent
le ruissellement des précipitations et protègent
des inondations et des glissements de terrain. L'abattage
des arbres, surtout dans les zones de collines ou de montagnes,
réduit la capacité des sols à absorber
et à retenir l'eau et à la laisser s'écouler
lentement sur une longue période de temps (il y
aura donc également des conséquences sur
le renouvellement des nappes phréatiques et donc
sur l'approvisionnement en eau potable des habitants).
- Diminution de l'absorption du gaz carbonique et donc
de la filtration de la pollution atmosphérique.
Connaissant l'état de pollution automobile de l'atmosphère
à Tanger, en particulier en été,
pouvons-nous décemment nous passer de tout ce qui
contribuerait à enlever une partie de cette pollution
? Pensons-nous aux habitants les plus fragiles et les
plus sensibles aux conséquences de cette pollution
: enfants, personnes âgées, asthmatiques
? Acceptons-nous les risques d'accroissement des cancers
d'origine environnementale ?
- Accroissement des maladies infectieuses et parasitaires
: La propagation de maladies potentiellement mortelles
- dont le paludisme, les leishmanioses, la maladie de
Lyme et le choléra - suit souvent le déboisement.
Les moustiques prolifèrent dans les zones déboisées
grâce à la multiplication des eaux stagnantes
(flaques, fossés, cavités et ruisseaux bouchés
par les arbres tombés) dont ils ont besoin pour
se reproduire. Avec la disparition de certaines espèces
d'animaux des forêts (oiseaux et chauve-souris par
exemple), les insectes prolifèrent, ce qui facilite
la transmission des maladies. Le déboisement contribue
aussi à l'élimination des prédateurs
naturels des rongeurs. La prolifération de ces
derniers contribue à la propagation de maladies
telles que le typhus et la rage. En outre, les bassins
versants déboisés n'étant plus en
mesure de fournir régulièrement de l'eau
en quantité suffisante, la réduction du
flux cause la stagnation et la réduction des quantités
disponibles par habitant, créant ainsi les conditions
idéales pour la dissémination du choléra
et de la dysenterie.
La
question que les tangérois sont en droit de se
poser est la suivante : est-il normal que la collectivité
tangéroise paie le prix humain, sanitaire et économique
pour que quelques investisseurs puissent réaliser
des bénéfices incertains ?
Souhaitons
que les responsables qui ont en charge, non seulement
le développement économique de la ville
mais également l'état sanitaire et l'approvisionnement
en eau potable de ses habitants, sachent faire la part
des choses.
Espérons qu'ils portent un regard global sur les
bénéfices et les risques de leurs politiques
municipales et qu'ils apprennent des erreurs des autres
qui avant eux, ont cru bien faire en bétonnant
leurs espaces naturels et qui s'en mordent les doigts
maintenant.
Qu'ils gardent en tous cas à l'esprit que les bâtiments
peuvent être facilement construits et démolis
mais que la terre qui a ruisselé avec les pluies
ne revient jamais. Quand la roche est à découvert,
il n'y plus de vie, plus d'arbres, plus d'eau.
Est-ce
ce que nous voulons pour Tanger ?
Oussama Zekri
Tanger
perd ses fôrets
Pendant
que le Gouverneur de Tanger met les bouchées doubles
pour remettre la ville en état, des investisseurs
immobiliers sont en train de détruire le poumon
vert de Tanger :
- 34 hectares de la forêt de Mediouna vont
disparaître sous les excavatrices de la société
émiratie Star Hill Tanger S.A. pour construire
des résidences de luxe.
- un parc pour enfant a déjà pris place
au sein de la forêt de R'Milat.
- 260 hectares de la forêt diplomatique vont
bientôt être remplacés par des résidences
touristiques, hôtels, clubs de loisir et marinas
construits par une entreprise émiratie.
- une société quatarie (Diar Qatari) a un
projet similaire dans la même zone (Houara)
: 230 hectares.
Tanger ressemblera-t-elle bientôt à un désert
... sans pétrole ?
Tanger
et une partie de ses enfants
Une enquête de l'UNICEF au Maroc vient donner des
chiffres inquiétants sur l'état d'un grand
nombre d'enfants tangérois.
L'enquête est déclinée en quatre volets
:
- droit à la survie,
- droit au développement,
- droit à la protection
- et droit à la participation, à l'expression,
aux jeux et aux loisirs.
Ces constats sont alarmants. Ils le sont davantage pour
les enfants de la rue, une catégorie très
présente dans la ville du Détroit. «Ces
enfants dorment dans la rue, mangent dans des poubelles,
pratiquent la mendicité et le vol et consomment
les drogues qui leur sont accessibles», affirment
les enquêteurs.
«Ils ont été victimes d'agressions
sexuelles et ont des capacités communicationnelles
très réduites du fait de leur recours
permanent à la drogue». «Et même
pris en charge par des ONG, ils continuent à vivre
psychologiquement dans la rue, et ce, malgré leur
réinsertion dans des programmes d'éducation
non formelle et de formation professionnelle».
Dans les centres d'accueil, les orphelinats et les maisons
de bienfaisance, ils disposent certes d'un «minimum
requis en ce qui concerne l'hébergement, l'alimentation
et l'enseignement», mais souffrent du mépris
de leurs pairs et déplorent la «violence
physique exercée sur eux par une partie des
éducateurs».
Globalement, ils ressentent une insécurité
psychologique et une instabilité profonde de la
restriction de leur liberté, de l'absence de vie
familiale et dénoncent un statut social intolérable.
Trois
enfants sur quatre qui travaillent aujourd'hui dans la
ville, ont commencé avant l'âge de 15
ans. La durée moyenne du travail de ces enfants
est de 9 heures par jour et un enfant sur trois travaille
7 jours par semaine. Ces enfants «ne disposent pas
de garantie minimale de leurs droits». Ils sont
exposés à de graves déséquilibres
de développement physique et affectif. De plus,
un enfant sur trois est puni dans le cadre de son travail.
Le
salaire de ces enfants ainsi exploités, ne dépasse
pas, selon l'étude, 2,5 dh par heure de travail.
A
rappeler que durant cette période, un programme
de lutte contre le travail des enfants a été
initié par le département de l'Emploi et
des Affaires sociales et le Bureau international du Travail
(BIT), avec un financement français et belge. Le
programme finalisé en 2003, a bénéficié
d'un fonds de près d'un million de dollars,
dont environ 600.000 octroyés par la France.
Une
autre enquête réalisée à
l'époque par le BIT indiquait que 90% des
enfants au travail ont entre 10 et 14 ans.
80% ne sont pas scolarisés et "le milieu
de leur travail est le plus souvent insalubre, dangereux
et encombré, exposant les enfants aux nuisances
sonores, aux poussières, aux gaz et aux fumées".
Selon la même enquête, 52% des enfants subissent
une durée de travail hebdomadaire supérieure
à 50 heures, sans congé annuel, alors
que 53% ne perçoivent même pas le salaire
minimum.
Ces enfants évoluent, en outre, dans un environnement
caractérisé par un habitat insalubre,
une mauvaise nutrition, des conditions d'hygiène
corporelle déplorables, l'analphabétisme,
entre autres.
A cet égard, quelque 9950 enfants tangérois
âgés de 10 à 17 ans sont aujourd'hui
totalement analphabètes.
Source
Libération (Casablanca) Publié
sur le web le 16 Décembre 2005
Pour
plus d'informations voir l'article de Ali ABJIOU dans
l'Economiste (article)
La
fouille du site de Dhar d'Aseqfane, intervient après
une prospection de long du tracé de la future
autoroute qui reliera Tanger à Oued RMEL (Port
de Tanger Méditerranée) effectuée
au mois mai 2005. La prospection a été
demandée par l'INSAP et financée par
la Société des autoroutes du Maroc.
Le site de Dhar d'Aseqfane occupe toute la superficie
d'une colline de 14 m d'altitude, située sur
la rive droite de Oued El Qsar (ou Oued Qsar Sghir),
à environ 500 m au sud des rives de la Méditerranée.
Le site était connu depuis les années
50 et figurait dans l'Atlas archéologique de
la région de Tétouan, mais son importance
ne pouvait être évaluée faute
de fouilles extensives.
Les fouilles actuellement menées, en concertation
avec la Société des Autoroutes du Maroc,
ont débuté le jeudi 4 août 2005
et devrait se continuer jusqu'au 18 septembre 2005
(soit 45 jours de fouilles).
Après un mois de travaux, les recherches ont
permis de mettre en évidence un ensemble de
constructions qui s'étend sur 1 ha et demi.
L'ensemble est protégé par une muraille
pourvue de tours circulaires et percée de deux
portes au sud et à l'est. Les constructions
identifiées, à l'état actuel
des recherches sont :
Une série de réservoirs à
eau bien conservés, d'une capacité totale
de 220 m3.
Un ensemble de bassins appartenant, sans doute,
à un complexe industriel pour le traitement
des produits de la mer (salaisons, fabrication du
garum,
).
Des bains et petites dimensions, sans doute,
liés au l'usine de salaisons. Une mosaïque
décorait le sol de la salle froide de ces thermes.
Un péristyle sur lequel donnaient trois
pièces, dont deux étaient mosaïquées.
Il s'agit probablement de l'habitation réservée
au gérant de l'usine de salaison, comme c'est
le cas à l'usine de Cotta.
D'autres constructions sont en cours de dégagement
à l'ouest de la colline et sont difficilement
identifiables.
Toutes les constructions fouillées à
ce jour sont situées au sommet de la colline.
Il reste encore à vérifier si les pentes
sud et nord étaient construites ou pas.
Chronologiquement, le matériel recueilli atteste
d'une occupation qui s'échelonne du 6ème
siècle avant J.C. au 4ème siècle
après J.C. Des céramiques et des monnaies
prouvent que le site a également été
occupé à l'époque islamique.
Sans doute, a-t-on utilisé le site antique
comme carrière pour la construction de la ville
médiévale de Ksar Sghir.
Le site de Dhar d'Aseqfane s'inscrit dans la série
des sites côtières antiques qui jalonnent
les rives les rives nord et sud du Détroit
de Gibraltar et qui sont liés la pêche
et à la transformation du poisson.
C'est à notre connaissance, le seul site de
ce type, qui ne soit pas urbain et qui soit entouré
d'une puissante muraille. C'est également un
des rares sites ruraux du Maroc antique, où
l'on ait trouvé, des pièces pavées
de mosaïque.
Que
se passe-t-il à Sidi Bouqnadel ?
Monsieur le Maire et Cher ami,
Le chantier qui vient de démarrer à
Sidi Bouqnadel, dans la continuité de la station
de traitement, en allant vers l'Ouest, vers la côte
du Marshan et Oued Lihoud, est alarmant et inquiétant.
Des engins sont en train de couvrir le "sable
fin" de la plage avec du "tout-venant ocré".
Avec ce traitement cette plage sera définitivement
condamnée. Les riverains qui m'ont contacté
hier à ce sujet étaient scandalisés.
Pour eux, c'est la construction d'une route côtière
qui démarre. J'ai effectué une visite
sur place le même jour pour constater qu'ils
avaient raison.

Sidi Bouqnadel, le 23 avril
2005
Monsieur
le Maire, je vous prie de croire que la population
a accepté difficilement cette nécessité
qu'est la réalisation de la station de traitement
sur une plage qu'ils espéraient voir dépolluée,
au même titre que les autres plages avoisinantes.
Ils avaient besoin de plages dépolluées
pour voir leurs enfants se baigner sans risque de
contamination. Ils sont déjà privés
d'espaces culturels, sportifs et de jardins. De plus,
avec la prolifération des nouveaux immeubles
gigantesques dans le centre ville, déjà
encombré de voitures, qu'en sera-t-il de la
qualité de la vie dans un avenir très
proche ?

Sidi
Bouqnadel, le 23 avril 2005
Monsieur
le Maire, je vous rappelle aussi que la population
Tangéroise s'était élevée
d'une seule voix, il y a près de vingt ans,
quand les administrations centrales voulaient imposer
à la ville une extension du port actuel au
détriment d'une partie de la baie qu'elle condamnait.
Il avait fallu l'intervention personnelle de feu S.M.
Hassan II pour voir ce projet arrêté
et la proposition d'un port d'éclatement sur
l'Atlantique retenue. Il a également fallu
attendre une décision de notre Roi, Sa Majesté
Mohammed VI, pour applaudir à la réalisation
du nouveau port de Tanger Méditerranée.
Aussi, malgré l'intérêt porté
par Sa Majesté au patrimoine de Tanger et de
sa région, il est également regrettable
de constater que nous continuons à nous acharner
à saccager les sites et les espaces naturels
et à effacer progressivement les repères
historiques de notre ville. Ce qui se passe à
l'avenue d'Espagne ne va-t-il pas à contre-sens
de la lettre lue en avril 2004 par Monsieur Meziane
Belefquih, conseiller de Sa Majesté Le Roi.

Sidi
Bouqnadel, le 23 avril 2005
Monsieur
le Maire, en votre qualité de représentant
élu de la population de cette ville j'espère
que vous saurez réagir à temps pour
éviter une autre erreur grave pour l'avenir
de Tanger. Après le Conservatoire de Musique,
le café Hafa, les Grottes d'Hercule, et la
médina qui est de plus en plus défigurée,
notre ville n'a pas besoin d'une nouvelle polémique.
Tanger n'a pas non plus besoin d'un projet touristique
dans la "réserve naturelle" du Cap
Spartel. L'emplacement initial était idéal.
Quand les occidentaux découvrent l'éco-tourisme
et quand le tourisme culturel commence à accrocher...?
La réserve naturelle pourrait recevoir un traitement
mieux adapté à sa richesse écologique.
Ne s'agit-il pas du poumon d'une ville devenue gigantesque
?
Pour la plage il faut réagir très vite.
Je vous en prie, c'est une question de jours.
Je reste convaincu que vous saurez m'apporter une
réponse tranquillisante que je pourrai moi-même
rapporter à ceux qui commencent à paniquer
autour de moi.
D'avance je vous en remercie et vous prie d'agréer,
Monsieur le Maire, l'expression de mes sentiments
les meilleurs.
Signé : Rachid Taferssiti
Le
Conservatoire de musique de Tanger a vécu.
Le
"Conservatoire de Musique de Tanger" a
été enseveli. Les engins ont tout
rasé. Un terrain nu, rêveur éphémère,
a pris sa place, provisoirement, avec comme toile
de fond l'ancien garage des autobus de la RATT et
le minaret imposant de la mosquée Mohammed
V. Les autobus du temps de Mehdi Zaïdi et de
sa jeune équipe d'alors. Cela se passait
à la fin des années soixante, du temps
où Tanger était la ville pilote en
matière de transport urbain au Maroc. Les
immeubles ne dépassaient pas cinq étages
à l'époque. La ville respirait encore.
Le conservatoire a été rasé.
Le beau terrain nu réclame désespérément
les secours d'un immeuble charitable, de préférence
un immeuble de douze étages.
Ils font plus d'ombre pour les passants. Les piétons
n'ont pas besoin de soleil. Surtout les enfants
et plus particulièrement les rachitiques
parmi eux.
Au fond du terrain, vers l'ouest, le grand Minaret
est insouciant. Il est plutôt inconscient
de ce qui l'attend. Perché sur une colline,
on le voit depuis la mer, quand on arrive à
Tanger par bateau. Il ne sait pas encore qu'il va
bientôt pleurer. Il n'y a pas bien longtemps
il avait versé de grosses larmes, bien chaudes,
en voyant ce géant se dresser près
de lui à l'emplacement du restaurant Güittas.
Qui c'était celui là ? Un restaurant
! Un petit coin de verdure en plein centre de la
ville de Tanger ! A quoi servent des jardins dans
une ville ?
Des espaces verts et des jardins publics ! Pour
quoi faire ? Quel dommage, ces espaces perdus dans
les territoires étrangers encore implantés
chez nous. Les consulats, les instituts culturels
et les établissements scolaires étrangers.
Ne seraient-ils pas décolonisables et lotissables
?
Je suis nostalgique, je le reconnais. Il paraît
que je suis également pessimiste ? Mais quand
je pense à Kyoto et à Rio de Janeiro
? Je ne sais plus !
Dernièrement, un urbaniste étranger
me disait que les plans d'urbanisme prenaient en
considération les édifices religieux
importants. Les monuments historiques aussi. Et
la propriété privée, et le
besoin en logement, lui répondis-je ? El
les ouvriers du bâtiment ? Et leur famille
? Et le chômage ?
Au fait combien gagne un ouvrier ? Quelles sont
les couvertures sociales dont il bénéficie
? Officiellement tout le monde le sait. Il y a des
codes et des lois
J'oubliais le minaret de la Mosquée Mohammed
V. Il va bientôt pleurer car, dans peu de
temps, pour voir le soleil il devrait attendre,
lui aussi, à ce qu'il passe au-dessus de
sa tête.
Au fait, combien d'étages aura ce nouvel
immeuble qui remplacera le terrain nu qui a remplacé
le conservatoire de musique de Tanger ?
Vous savez à qui appartenait ce bâtiment
que nous avons rasé ? Il faut être
nostalgique ou assez curieux pour le savoir.
Rachid Taferssiti
MOHAMED
BEN ALI R'BATI.
Quand
nous parlons de peinture et de peintres au Maroc
nous sommes obligés de faire référence
à Mohamed Ben Ali R'bati : le premier peintre
de chevalet du Maroc. Natif de Rabat, comme son
nom l'indique, Mohamed Ben Ali quitte sa ville
natale pour Tanger où il trouve un travail
chez Sir John Lavery, peintre irlandais du "groupe
de Glascow", installé dans la ville
du détroit depuis 1891. Sir John découvre
son talent pour le zouaq et l'initie à
la peinture.
Daniel Rondeau appelle R'bati, "un fils de
Tanger" parce que "Tanger semble l'avoir
aidé à se construire un destin".
En effet, à Tanger R'bati prend goût
à la peinture et croque tout ce qu'il voit,
tout ce qui l'entoure et attire son âme
d'artiste : scènes de la vie courante marocaine,
cérémonies de mariage, école
coranique, repas de fête, cortèges
officiels. Nicole de Pontcharra refuse de voir
en lui un peintre naïf : "
il ne
l'était pas. Autodidacte, oui, mais avec
un savoir-faire, un sens de stylisation et de
l'espace qui a ouvert des voies."
|
|
|
Avec
l'aide de Lavery, R'bati sera le premier peintre
marocain à exposer à Londres,
à la fameuse galerie Goupil en 1916.
R'bati serait mort d'une crise cardiaque en
1939 laissant derrière lui un témoignage
d'une grande richesse sur Tanger et le Maroc
de la fin du 19ème et du début
du 20ème siècles.
La petite maison qu'il habitat à la Qasbah
de Tanger, entre le marabout de Sidi Ahmed Bou
Qoudja, le motif du marabout de Matisse, et
le palais de Ben Abbou, n'est pas classée.
Rachid Taferssiti

Maison
de Mohammed Ben 'Ali Rbati à la Qasbah.

Visite
d'une délégation de la région
Provence-Alpes-Côtes d'Azur
à la maison de Mohammed Ben 'Ali Rbati.
S.O.S.
patrimoine en detresse !
Qu'arrive-t-il
à la maison de Mohamed Ben Ali R'bati
à la Qasbah ?
L'ancienne maison de Mohamed Ben Ali Rbati tombe
en ruine. Seul le mur de la façade tient
debout. La porte en est défoncée
et le toit n'est plus !
Cette maison est tout ce qui reste à
Tanger comme trace du premier peintre de chevalet
marocain.
C'est un patrimoine unique qui pourrait être
un attrait touristico-culturel majeur pour la
ville. Il est en tous cas un pan de notre mémoire
collective dont nous devrions être tous
fiers.
Il faut réagir à temps pour éviter
l'irréparable. Il faut alerter les autorités
locales, solliciter des mécènes,
créer une association de sauvegarde...
Bref, il faut agir.
Mohamed Ben Ali R'bati est le premier des grands
peintres marocains. Ne laissons sa mémoire
partir en poussière.
Oussama
Zekri |
Danger.
Le nord bouffe ses plages.
Les dunes et les plages du littoral entre Tanger et Larache
sont les principales sources dapprovisionnement
en sable pour le secteur de la construction. Or, Tanger
consomme du ciment à tout va depuis quelques années.
Aujourdhui, la ville du détroit arrive même
en deuxième position après Casablanca. Cette
situation entraîne une pression sur le littoral
sans précédent. Ainsi, les besoins journaliers
en sable sont passés de 5000 m3 à 6500 m3
en moins de 2 ans, selon la Fédération du
Bâtiment de Tanger. Qui paye les pots cassés
? Lécosystème marin dont les plages
disparaissent à vue dil. Pourtant,
des solutions de substitution existent, mais se heurtent
aux contraintes du marché local. Le ministère
de lEquipement soutient le sable de dragage, mais
les professionnels du secteur nen veulent pas car
il est trop chargé en sel et en éléments
organiques. Dailleurs, 30 tonnes de sable de dragage
végètent depuis 3 ans dans le port de Larache
nayant pas trouvé preneur. Autre option possible
: le sable concassé. Cest la solution défendue
par la fédération du bâtiment de Tanger.
Mais là aussi, cette option se heurte à
la loi du marché. Pourquoi payer un sable concassé
à 90 dh le m3 alors que le sable marin se négocie
à 85 dirhams ? Ou bien, quand on peut carrément
le voler sur la plage. Cest un exercice de style
dans la région.
Par Hassan Hamdani (Source : Tel Quel n° 165).
Où
allons nous arriver avec ces panneaux de plus en plus
"Géants" ?
Comment osons nous défigurer une place qui porte
fièrement ce nom de "Place du 9 avril 1947",
une place qui consacre un événement des
plus importants de l'histoire récente du Maroc,
à savoir le voyage historique de feu Sa Majesté
Mohammed V. Un voyage qui le mena de Rabat, la capitale
d'un Maroc encore sous double protectorat franco-espagnol
à Tanger, la ville cosmopolite marocaine sous statut
international, pour y prononcer ce fameux discours où
il réclamait l'indépendance du Maroc.

Une
place qui était l'aboutissement de l'artère
centrale principale de la ville de Tanger, depuis l'époque
romaine, depuis qu'elle était encore intra-muros.
Cette artère menait du port, à travers la
rue de la Marine, jusqu'au Petit Socco, es-Souq ed-Dakhel
(le marché intérieur), pour remonter la
rue des Siaghine, puis Semmarine, et aboutir au Grand
Socco, es-Souq ed Barra (le marché extérieur),
l'actuelle place du 9 avril.

De
marché forain, comme celui de Jama'e el Fena, à
Marrakech, mais plus réduit, elle a souffert de
sa transformation, en grande partie, en parking. De plus,
déjà défigurée par les nouveaux
immeubles, irrespectueux architecturalement de l'esprit
des lieux, qui remplacent progressivement les anciens,
aujourd'hui elle l'est encore davantage par ces panneaux
publicitaires. Comment sont-ils autorisés ? Par
qui ? Qui ose en faire la demande pour commencer ?

La
"ville anciennne" de Tanger n'est pas Tokyo,
elle n'est pas non plus Las Vegas. Le Grand Socco n'est
pas la place des Nations ou ... Le mobilier urbain "moderne"
peut aller s'implanter dans la partie moderne de la ville...
et encore à Tanger ce n'est pas très évident
!
Trop c'est trop.
Rachid Taferssiti
S.
O. S. : PATRIMOINE EN DANGER
LE
CAFE HAFA, DE PLUS EN PLUS AGRESSE,
PERD SA VUE SUR LE PORT
TANGER A BESOIN DE NOUS
TANGER NOS NECESITA
TANGIER NEEDS US
TANGERI HA BISOGNO DI NOI
TANJA FI HAAJATHINE LANA
Par
ma passivité je suis chaque jour plus complice
de tous ces crimes, de toutes ces agressions subies par
le patrimoine de ma ville,
Par mon silence je contribue à effacer les traces
de la mémoire de ma ville.
Ces
idées accompagnées d'une sensation de dégoût
mêlé de désespoir et de lassitude
m'envahirent quand je vis ces nouveaux murs qui terminaient
de clôturer ce qui nous reste du Café Hafa.

Vue
du mur bouchant la vue du Café Hafa (19 novembre
2004)
Heureusement il y a toujours la vue imprenable sur le
détroit et la côte espagnole. Mais comme
il est question d'une route côtière, qui
relierait le port à Dradeb en passant par la plage
de Rmel Qala, je ne sais plus ce que l'avenir peut nous
réserver. Il est même question de polders
!

Vue
du Café Hafa (9 mai 2004)
Dire
qu'à Tanger, du temps où le nombre de ses
habitants n'atteignait même pas le dixième
de sa population actuelle, il y avait un beau théâtre,
à l'avant-garde des salles européennes,
des salles de cinéma, dignes de ce nom et souvent
polyvalentes, des terrains de sports, un conservatoire
de musique, serait de la pure nostalgie,

Vues
du Conservatoire de Musique de Tanger (30 mai 2004)

Dire qu'à Tanger, il y avait un cimetière
pour animaux placé sous la responsabilité
d'un vétérinaire, paraît ridicule,
Dire, qu'en ce temps, là toutes les parties concernées
par le développement urbain de Tanger, administrations
et privés, étaient soucieuses du respect
de l'esthétique générale de leur
ville, du respect des atouts naturels et des valeurs historiques
et culturelles de l'environnement de leur ville, n'est
pas réaliste.
Notre
réalité c'est notre impuissance devant les
grands fléaux de ce Monde, le Sida, le Cancer et
les grandes catastrophes naturelles comme les tremblements
de terre et les cyclones, voire les invasions des criquets.
Mais sommes nous vraiment impuissants face aux guerres
et aux actes terroristes qui nous concernent. Le sommes
nous face à la misère, à l'analphabétisme
et à toutes les formes d'extrémismes qui
nous entourent. Sommes nous vraiment impuissants devant
les agressions que nous portons régulièrement
à notre environnement.
A
Tanger la dégradation du patrimoine, sous toutes
ses formes nous interpelle depuis de nombreuses années.
Aujourd'hui,
je réagis devant l'urgence de ce qui arrive au
Café Hafa. J'en reste convaincu, c'est une "urgence".
Demain il sera sans doute trop tard. Le problème
c'est qu'à Tanger le service des urgences est débordé
et les médecins ont démissionné.
Qui va s'occuper de ces blessures mortelles portées
au Conservatoire de Musique, en cours de remplacement
par un projet immobilier, sachant que les villas du parc
Brooks ont cédé leurs places à des
immeubles. Qui va pouvoir porter secours aux anciens immeubles
de l'avenue d'Espagne déjà démolis
? Il est sans doute vrai que nous nous sommes portés
au chevet du Gran Teatro Cervantes, du Palais des Institutions
Italiennes et de la forêt d'Agla (Ghaba del Glaoui)
avec le projet du Parc Naturel de Perdicaris, mais avec
quel résultat. De même chacun de nous essaye
de sauver à sa manière cette Médina
"unique", cette Médina différente
qu'est la Médina européanisée de
Tanger, mais en l'absence de toute coordination, en l'absence
de tout plan d'aménagement véritable, nous
contribuons tous à la défigurer, de plus
en plus

Vue
du Café Hafa avec le mur bouchant la vue du plus
célèbre café de la ville
(5 décembre 2004)
Pour
revenir au Café Hafa, sa dégradation se
poursuit irrémédiablement depuis plusieurs
années. Un immeuble avait occupé en partie
son côté sud, où se trouvait le "mamouni"
et un mur avait caché en partie la vue sur la côte
ouest, le versant maritime du Marshan, vers "Lalla
Jmila". Aujourd'hui, c'est la vue sur le port qui
disparaît grâce au projet d'extension en cours
de réalisation par le nouveau propriétaire
de l'ex-maison de Rachid Temsamani, situé à
l'est du café.

Vue
... du mur (5 décembre 2004)
En
1998, dans "Tanger, réalités d'un mythe",
je prévoyais déjà ce qui arrive aujourd'hui
à ce lieu mythique de la ville. Ba M'hamed était
encore vivant :
"Le
café, au décor très austère,
a su résister à toutes les tentations du
modernisme, à la folie de l'argent. Ba M'Hammed,
le propriétaire, a su refuser toutes les offres.
Les plus alléchantes. Son café, avec son
mobilier vétuste, continue à abriter plusieurs
familles de chats. Il sait toujours accueillir avec la
même bonhomie, une presque indifférence,
le plus modeste comme le plus illustre de ses clients.
En
maintenant le café dans son état, il a su
garder un grand respect pour la mémoire de tous
ceux qui l'ont visité. De tous ceux qui ont été
marqués par leur passage en ce lieu simple, mais
unique au monde.

Le
café Hafa, patrimoine de la ville de Tanger (5
décembre 2004)
Le
Café Hafa pourra-t-il un jour nous livrer les secrets
de sa mémoire ? Pourra-t-il un jour nous conter
les sensations de ses visiteurs, peintres, poètes,
acteurs ou politiciens venus de tous les horizons ?
Ba
M'Hammed a vieilli. Il n'arrive plus à jouer son
rôle de gérant, dévolu à son
fils. Ce dernier saura-t-il résister aux tentations
? Le Café Hafa pourra-t-il préserver plus
longtemps sa personnalité ?
Les
artistes, les peintres, les écrivains, visiteurs
parfois anonymes, continuent à lui rendre hommage.
Dimanche
prochain vers onze heures je vais aller me recueillir
sur ce mur qui vient de couper la vue sur le port depuis
le Café Hafa. Dorénavant ce sera mon mur
des lamentations tangérois. S'il fait beau je prendrais
un thé à la menthe, à la mémoire
de mon vieil ami, le regretté Ba M'hamed.
Si
vous voulez réagir vous pouvez me joindre à
votre convenance
Le Café Hafa a besoin de
vos témoignages, de vos messages de soutien
Un site internet des amis du café Hafa ?
Un club ?
Une chaîne de solidarité
pour le sauver ?
des idées, des suggestions
?
Rachid Taferssiti
Passionné de Tanger
Président de l'Association Al Boughaz
Encore
une fois une mauvaise nouvelle pour les tangerois!!!.
Le conservatoire de musique de Tanger a fermé
ses portes sous prétexte de travaux de restauration
pour une durée de 4 mois. Ce qui est illogique
c'est qu'ils ont attendu la rentrée scolaire
pour faire ces travaux en n'ayant rien fait pendant
toute la période des vacances d'été
!!!
L'Association des Parents d'Elèves et
l'Association des Jeunes Créateurs de Tanger
ont immédiatement réagi (des lettres aux
responsables, la presse,...)
Enfin, ils ont accepté d'inscrire les élèves
et de faire les cours dans la Maison des Jeunes -en
dépannage- mais on craint que le Conservatoire
subisse le même sort que le théâtre
Cervantes.
On a besoin du soutien de tous les tangerois.
Tanger
revit, c'est indéniable.
De
nouvelles réalisations porteuses d'avenir existent
ou sont lancées : le Port Tanger-Méditerranée,
la nouvelle gare ferroviaire Tanger- Madina, le complexe
touristique multifonctionnel sur le site de l'ancienne
gare ferroviaire, la zone touristique de Ghandouri,
le bitumage des rues du centre-ville et de ses quartiers
résidentiels...
Cependant,
les sujets d'inquiétude, voire, d'angoisse ne
manquent pas !
Des
fleurons du patrimoine tangérois sont menacés
dans leur existence : Les Grottes d'Hercule, site archéologique
de plus de 7.000 ans est non seulement cerné
d'ordures et de constructions anarchiques, mais il a
vu un rocher de son plafond s'effondrer suite à
des travaux de terrassement contigus. Les Grottes ont
été fermées au public le 20 décembre
dernier.
Ce n'est hélas pas le seul exemple de site archéologique
fermé au public et donc aux touristes. Cotta,
ancienne factorerie de salaisons punique puis romaine
est inaccessible depuis plusieurs années maintenant
du fait d'un mur de clôture.
Le
Phare du Cap Spartel est laissé à l'abandon.
Son intérieur est devenu un débarras.
Il semblerait que des lampadaires soient prévus
le long de la côte pour finir de défigurer
le site.
Le
Parc Perdicaris, haut lieu de la flore tangéroise,
subit un déboisement en règle avec des
projets touristiques ravageurs pour un des sites les
plus précieux et les plus fragiles de la péninsule
tingitane.
Ne peut-on pas construire des salles de sport appropriées
et laisser ce site naturel aux seuls promeneurs ne risquant
pas de le dégrader ?
Ne veut-on pas profiter de l'expérience de pays
voisins dans le domaine de la préservation et
de la valorisation des espaces naturels afin d'éviter
de reproduire bêtement des erreurs prévisibles
et définitives ?
L'appétit
vorace des promoteurs immobiliers est en train de défigurer
définitivement le fragile acquis architectural
et urbanistique du Tanger international, celui qui donne
son originalité et sa plus-value touristique
à la ville.
Le Parc Brooks voit ses maisons à deux étages
disparaître l'une après l'autre au profit
d'hideux immeubles de plus de huit étages.
D'autres projets menacent les sites de Donabo, Agla,
Sloqia et le Cap Spartel. Rmilat continue d'être
déboisé. Le front de mer lui-même
risque d'être défiguré par une série
d'immeubles en arc de cercle bouchant un des panoramas
les plus beaux de la planète.
Le
café Hafa, miracle d'harmonie entre authenticité
et "branchitude", subit les outrages d'un
propriétaire mitoyen. Ce dernier agrandit sa
maison et bouche une des vues les plus prisées
des touristes et des tangérois, avec un mur d'une
noire laideur reflétant celle des esprits qui
l'ont voulu, conçu et permis.
D'autres
haut-lieux tangérois sont source d'inquiétude
: le théâtre Cervantes, l'hôtel Villa
de France, les façades de l'avenue d'Espagne
Comment
comprendre cet état de fait alors que le pays
se donne comme objectif 10 millions de touristes en
2010 et que Tanger est appelée à retrouver
sa vocation de Porte sur l'Europe ? Comment peut-elle
prendre sa part à ce défi si tout ce qui
fait sa singularité et donc son attrait est laissé
à l'abandon ?
Un
symptôme qui sous d'autres cieux aurait sonné
un branle-bas de combat immédiat semble passer
dans l'indifférence générale :
British Airways quitte Tanger. Les visiteurs britanniques,
autrefois les plus nombreux, délaissent cette
ville qui fut au XVIIème siècle un joyau
de leur couronne !
En une dizaine d'années le trafic voyageurs de
l'aéroport (de moins en moins) international
Ibn Batouta est passé de 900.000 à 200.000,
soit une chute de 450 % !
L'état déplorable des installations de
l'aérogare n'explique pas cette désaffection.
L'état général de la ville et son
offre touristique et culturelle sont en cause.
Alors,
y a-t-il un pilote dans l'avion tangérois ?
Cette
page d'annonces est ouverte à tous ceux
qui veulent alerter les tangérois de dommages
que subit leur ville.
Pour poster vos annonces écrire à
cette adresse : tangier@online.fr
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